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sommaire - pré-requis - introduction - guide de lecture - synthèse - guide de révision - bibliographie |
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Module 1 - Texte de cours |
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| I.
Qu'est-ce qu'un Bouddha ? II.
Les caractéristiques d'un Bouddha |
III.
Comment devient-on Bouddha ? |
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1) Le voeu du futur Bouddha |
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"S'il est vrai que pour bien comprendre les choses il faut les avoir soi-même éprouvées, rien en ce monde ne pouvait donc être étranger à [la] sympathie [du Bouddha] (...) et ainsi, remarquons-le en passant, sa sagesse et sa charité passaient pour être faites du trésor vécu de sa prodigieuse expérience. C'est qu'en effet, à la différence du commun des mortels, il se souvenait de ses existences passées. Ses souvenirs personnels remontaient, nous dit-on, à 91 kalpa - soit 91 fois 432 millions d'années - en arrière." |
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Alfred Foucher |
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Lors de la nuit pendant laquelle il réalise l'Eveil, le Bouddha commence par avoir la "connaissance parfaite" de ses vies antérieures (c'est le 8e pouvoir de la liste citée ci-dessus). Comme le remarque Alfred Foucher, ce pouvoir est d'autant plus important qu'il permet au Bouddha d'enseigner en s'appuyant sur son expérience personnelle. C'est parce qu'il est "allé ainsi" que ses prédécesseurs, comme il convient, parce qu'il a d'abord été un bodhisattva - un "être (sattva) d'Eveil (bodhi)" - qu'un Bouddha se révèle un enseignant aussi exceptionnel. Le terme de bodhisattva ne s'emploie d'ailleurs que pour les seuls futurs samyaksam-buddha et jamais pour les autres futurs buddha. |
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Un bodhisattva est en effet bien plus qu'un simple "apprenti-buddha" (ce que tout le monde peut être). Le terme désigne très précisément un être qui a fait le voeu et a pris l'engagement de devenir un samyaksam-buddha, dans le but de venir en aide à l'humanité tout entière en enseignant le Dharma. |
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Il s'agit pour lui de s'engager dans une carrière solitaire afin de parvenir à l'Eveil par ses propres efforts, sans bénéficier d'aucune aide, et de retrouver par lui-même la Loi (Dharma) qui régit les phénomènes et dont la connaissance permet de mettre fin à la souffrance, à partir de sa propre expérience, sans bénéficier d'aucun enseignement. |
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Cet engagement et ce voeu se manifestent lors de la "pensée d'éveil" (bodhi-citta), qui naît dans l'esprit du futur Bouddha au moment où, alors qu'il n'est encore qu'un homme ordinaire, il rencontre un samyaksam-buddha du temps passé. Comprenant l'importance pour l'humanité de l'existence d'un tel enseignant, le bodhisattva décide de devenir lui-même un samyaksam-buddha. |
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Il renonce alors à mettre en pratique l'enseignement de ce Bouddha et, du même coup, à parvenir à l'Eveil au cours de cette vie, en devenant un srâvaka-buddha. Il s'engage à suivre la même carrière que son modèle afin de dispenser lui aussi, mais dans une époque plus lointaine, le même type d'enseignement. |
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Ce n'est pourtant pas tant la prise de voeu (parvenir à l'Eveil) qui qualifie le mieux le caractère exceptionnel d'un bodhisattva, que son engagement à vivre autant de vies qu'il sera nécessaire : en visant le parfait et complet Eveil, le bodhisattva souhaite et est prêt à affronter toutes les situations qui pourront être utiles à son "auto-formation". |
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Sa "carrière de bodhisattva" s'étend donc sur un nombre considérable de vies successives, regroupées traditionnellement en trois "périodes incalculables" (asmkhyeya kalpa). Au début de la première, il produit la "pensée d'éveil" mais n'est pas assuré de pouvoir un jour atteindre le but qu'il s'est fixé. Au début de la deuxième, il rencontre un samyaksam-buddha qui lui prédit le succès de son entreprise. Au cours de la troisième, il réalise effectivement la Voie qui le mènera au plein Eveil et, à travers de multiples états d'existence différents (présentées dans les textes appelés Jataka, récits des "vies" antérieures), il met en pratique des qualités qui lui seront indispensables, non seulement pour réaliser l'Eveil, mais aussi pour pouvoir enseigner. |
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Ces qualités, ou "perfections", sont appelées pâramitâ (qui mènent - ita - au-delà - param, c'est-à-dire au-delà des apparences et de la souffrance, jusqu'à l'Eveil). Elles sont, selon les écoles anciennes, au nombre de dix : le don, la discipline, la renonciation, la sagesse, l'énergie, la patience, la véracité, la résolution, l'amour bienveillant et l'équanimité. |
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2) De la dernière naissance à l'Eveil |
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Ce cycle incommensurable de vies s'achève par la "dernière vie" du bodhisattva, celle au cours de laquelle il atteint effectivement l'Eveil et devient enfin un samyaksam-buddha. Dans le canon pâli, le récit de cette "vie" n'apparaît pas comme celle du Bouddha Sâkyamuni, mais comme celle d'un précédent Bouddha, Vipassi. Une fois encore, ce n'est pas l'aspect "historique" qui sera mis en valeur, mais bien le modèle d'un parcours "parfait", que doivent suivre tous les Bouddhas. |
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voir le texte commenté : |
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Les circonstances de la "dernière naissance" sont particulièrement mises en valeur et insistent sur les caractéristiques extraordinaires d'un tel événement : c'est le bodhisattva lui-même qui décide de naître dans telle famille plutôt qu'une autre (en l'occurrence une famille royale), sa conception et sa naissance sont entourées de manifestations célestes annonçant le caractère exceptionnel de l'enfant qui vient au monde, la gestation elle-même n'obéit pas aux caractéristiques communes et les dieux veillent au bon déroulement de ce parcours paradigmatique. |
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Dès sa naissance, des devins constatent que l'enfant est "marqué" de signes qui manifestent sa supériorité : trente-deux marques le signalent comme "Grand Homme (mahâ-purusa). Selon qu'il s'engagera dans une voie temporelle ou spirituelle, le Grand Homme pourra devenir soit un "Roi à la Roue" (çakravartin), souverain "universel" gouvernant en accord avec la Loi du Monde (le Dharma au sens temporel et mondain), soit un Bouddha qui "mettra en mouvement la Roue de la Loi" (le Dharma au sens spirituel et supra-mondain). |
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Intervient ensuite l'événement "mondain" le plus important de cette dernière vie : les "Quatre rencontres". Alors que le roi son père tente de l'isoler et lui fait connaître toutes les joies des "plaisirs sensuels" - pour qu'il s'attache au monde et lui succède un jour sur le trône - le bodhisattva se retrouve en présence, successivement, d'un vieillard, d'un malade et d'un mort, puis d'un religieux errant (sramana). |
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A chacune de ces rencontres (qui ont lieu alors que le prince est mené par son cocher vers un "jardin de plaisir"), le bodhisattva est ébranlé dans sa joie de vivre et son insouciance et annule sa promenade, sans plus avoir envie des divertissements qu'il allait chercher ("Le prince, chagriné et affligé, se lamentait en disant : Honte à ce phénomène appelé naissance, si se manifestent la vieillesse, les maladies et la mort pour celui qui est né !"). |
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A chaque fois, de son côté, le père espère : "Que le prince Vipassi ne reste pas sans régner ! Que le prince Vipassi ne quitte pas la maison pour mener une vie sans maison [la vie des religieux errants] ! Que la parole des devins ne se réalise pas !". Le jeune homme, pourtant, finit par quitter "la vie de maison" pour "la vie sans foyer" et s'engage dans une voie de recherche spirituelle, à l'image du religieux qu'il a rencontré lors de sa quatrième promenade. |
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Ces "Quatre rencontres" semblent s'effectuer d'elles-mêmes, comme prédéfinies de toute éternité. Le roi ne peut qu'espérer que le présage ne se réalise pas, malgré ce qu'il entreprend pour aller à l'encontre des événements : la voie du bodhisattva se doit de passer par ces étapes, auxquelles il ne peut, lui-même, "échapper". C'est "ainsi" ! |
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Il en ira de même pour les épisodes suivants de ce cheminement : réalisation de l'Eveil, hésitation à divulguer l'enseignement puis, après intervention du dieu Brahmâ, acceptation de prêcher la Doctrine, premier sermon à "deux disciples principaux", conversion de milliers d'autres disciples et, finalement, envoi de ces disciples en mission à travers le monde. |
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Ce parcours paradigmatique, qui semble ne pas pouvoir démêler prédestination et libre-arbitre, laisse pourtant dans l'ombre de larges parties de la vie du bodhisattva. Après avoir considérablement développé les circonstances de la naissance, le texte "saute" aussitôt à l'épisode du Grand Départ (l'abandon de "la vie de maison" pour "la vie sans foyer"), sans rien évoquer de la jeunesse du prince, puis passe directement à l'Eveil et à l'intervention du dieu Brahmâ. La conversion de ses premiers disciples puis de milliers d'autres s'effectue sans encombres et sans anecdotes, pour se concentrer sur la seule divulgation de la Doctrine. |
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Ce récit, qui paraît bien "sec", sera bientôt amplifié : les biographies qui seront rédigées aux alentours de l'ère chrétienne développeront, au contraire, tous les épisodes que ce texte passait sous silence, au point d'offrir une véritable "vie du bodhisattva". |
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voir le texte annexe 6 : |
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C'est cette "vie" que nous allons étudier dans le deuxième module de ce cours. |
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