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sommaire - pré-requis - introduction - guide de lecture - synthèse - guide de révision - bibliographiee |
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Module 1 - Textes annexes |
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1 : Les
dates du Bouddha |
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Texte 1 |
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Les dates du Bouddha |
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L’existence réelle du Bouddha n’est plus remise en cause aujourd’hui par aucun historien des religions. Mais la fixation des dates de sa vie (naissance, mort et principaux événements) pose des problèmes apparemment insurmontables… |
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Il existe en fait deux chronologies en vigueur dans le monde bouddhiste, qu’on peut présenter comme la tradition du Nord (chronologie courte, se basant sur des textes sanskrits) et la tradition du Sud (chronologie longue, se basant sur des textes pâlis). Toutes deux prennent pour point de départ la date de la mort du Bouddha (l’Extinction finale ou pari-nirvâna) et la déterminent par rapport à la date du sacre du premier grand souverain indien ayant adopté le bouddhisme comme religion personnelle, le roi Asoka. |
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Celle-ci peut nous servir de repère car les historiens grecs y font allusion : Alexandre le Grand est parvenu sur les rives de l’Indus pendant le règne du grand-père d’Asoka et ses successeurs entretiendront des relations suivies avec les souverains indiens, à partir de cette époque. Le sacre d’Asoka, si l’on suit les témoins grecs, a eu lieu en 268 avant J.-C. |
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Selon la chronologie courte, la mort du Bouddha aurait eu lieu seulement 100 ans avant le sacre d’Asoka, soit en 368 av. J.-C. Selon la chronologie longue, elle serait intervenue 218 ans avant le sacre, soit en 486 av. J.-C. Pourtant, les dates annoncées sont celles de 544-543 av. J.-C., car les chroniqueurs font une erreur de 60 ans sur la date même du sacre... |
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Pendant longtemps, les historiens ont plutôt privilégié la chronologie longue "corrigée", parvenant à la date approximative de 483 av. J.-C. Toutes les traditions étant unanimes sur le fait que le Bouddha avait vécu 80 ans, il serait alors né en 563 av. J.-C. |
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De nombreuses découvertes archéologiques ont remis en cause ces calculs. Deux sites, notamment, ont ainsi été présentés comme les ruines possibles de la ville natale du Bouddha, Kapilavastu. Tous deux se situent à la frontière actuelle de l’Inde et du Népal, l’un en territoire indien, l’autre en territoire népalais. Aucun des deux ne semble pourtant avoir été habité avant le Ve siècle av. J.-C., ce qui rend impossible la chronologie longue, qui placerait sa naissance à la moitié du VIe s. |
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Après de nombreux débats, la communauté scientifique s’est finalement décidée pour fixer la date du décès du Bouddha aux alentours de 400 av. J.-C. Quant à sa date de naissance, elle n’est même plus évoquée, le chiffre de 80 ans paraissant trop rond pour être "honnête" ! Il serait plus vraisemblable d’accorder au Bouddha une espérance de vie d’une soixantaine d’années au maximum, ce qui placerait sa naissance aux environs de 460 av. J.-C. |
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Texte 2 |
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Les titres d'un Bouddha |
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La tradition reconnaît neuf "attributs" au Bouddha, qui constituent autant de titres généralement associés à son nom (ces différents termes seront revus et, pour certains, analysés plus en détail tout au long de ce cours) : |
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Arhat : le "Méritant", celui qui a vaincu les ennemis, qui est libéré des "impuretés". |
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Samyaksam-buddha : celui qui a atteint le "plein et complet Eveil", sans l’aide de quiconque |
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Vijjâ-carana-sampanno : parfait en sagesse et en conduite ; la traduction stricte est : qui possède de manière complète (sampanno) les "[pouvoirs nés des] connaissances surnaturelles" (vijjâ) et les "conduites excellentes" (carana) |
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Sugato : le "Bien-allé", qu’il faut comprendre avant tout comme "celui qui agit comme il convient" et, plus précisément, celui qui s’abstient de toute parole fausse, nuisible et désagréable et choisit le moment propice pour prononcer des paroles vraies, utiles et agréables |
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Lokavidû : le Connaisseur des Mondes "tels qu’ils sont" |
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Anattaro purisa damma sâratthi : le guide sans supérieur des êtres qui doivent être guidés |
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Satthâ devâ manussânam : l’enseignant des dieux et des hommes |
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Buddha : l’Eveillé |
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Bhagavat : le Bienheureux" (l’origine de ce terme est obscure ; son emploi est généralement réservé aux personnages de haut rang et pourrait signifier "digne d’être fréquenté") |
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Texte 3 |
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Un seul anuttara samyaksam-buddha par kalpa |
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L’apparition d’un samyaksam-buddha est "aussi rare que la floraison de l’arbre Udumbara, qui porte des fruits mais n’a point de fleur visible". Il ne peut en apparaître qu’un seul à la fois et, au cours des 91 dernières ères cosmiques (kalpa), trois seulement ont connu un samyaksam-buddha. |
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Le terme de kalpa (qu’on traduit par "ère cosmique" ou "éon") représente une unité de temps qui paraît très étrange à un Occidental mais qui est tout à fait typique de l’esprit indien ! Rien à voir avec nos "siècles" ou nos "millénaires" : la mesure d’un kalpa n’est pas mathématique mais symbolique et, surtout, totalement superlative… Les kalpa sont des ères se renouvelant par grands cycles, englobant eux-mêmes des groupes de cycles plus petits. Le problème, pour nous, est que tous ces cycles et sous-cycles portent le nom de kalpa… |
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Le plus grand de tous est la "grande ère" (mahâ-kalpa). |
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"L’immensité de cette période est suggérée par plusieurs images évocatrices. Par exemple, si, une fois par siècle, un homme caressait une montagne de granit massif haute d’environ dix mille mètres avec un morceau de fine étoffe, elle serait usée avant que ne se soit écoulée une grande ère. Et pourtant, les ères écoulées sont plus nombreuses que tous les grains de sable des rives du Gange !" |
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Peter Harvey, |
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Le mahâ-kalpa se divise lui-même en quatre "périodes incalculables" (asmkhyeya kalpa), correspondant au cycle d’un monde : son apparition, son maintien, sa dégénérescence, son absence ; après quoi le cycle reprend, indéfiniment… |
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Chaque "période incalculable" se divise encore en vingt "périodes d'entre-temps" (antara-kalpa), comprenant elles-mêmes huit "âges du monde" (yuga). |
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Ces périodes sont dites vides ou non vides selon qu’elles sont pourvues ou dépourvues de samyaksam-buddha. Les périodes comme celle qui se déroule actuellement, qui peuvent connaître jusqu’à six Bouddhas successifs, sont dites "fortunées". |
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On le voit, ces définitions n’ont pas pour but de mesurer le temps mais, au contraire, de donner l’idée la plus gigantesque possible de son déroulement incommensurable… |
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Texte 4 |
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Le Buddha n’existe que par "pur conformisme" |
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L’idée que le Bouddha se conforme à un modèle, parce qu’il en est "ainsi" de tous les Bouddhas, a été poussé jusqu’à ses extrêmes par une école du bouddhisme ancien, celle des Mahâsâmghika. On ignore si ces idées nouvelles – que les autres courants jugeront excessives et hétérodoxes – sont anciennes ou si les Mahâsâmghika les adopteront seulement au début de l’ère chrétienne, sous l’influence du Mahâyâna qui développera des thèses extrêmement proches. Selon Etienne Lamotte : |
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"Les Mahâsâmghika montent en épingle un passage du Samyutta Nikaya (III, p. 140) où il est dit :"Le Tathâgata naît dans le monde, grandit dans le monde : qu'il aille ou se tienne debout, il n'est pas souillé par le monde". Ils en concluent que tout dans le Buddha, y compris son corps de naissance, est pur : sa naissance est purement apparitionnelle ; son existence, une simple fiction ; son corps est spirituel et, s'il manifeste extérieurement des qualités et des gestes humains qui en réalité lui sont étrangers, c'est uniquement pour se conformer au monde. » |
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EtienneLamotte, |
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Leur thèse est clairement exprimée dans l’introduction d’un de leurs principaux textes, le Mahâvastu : |
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"Chez les Buddha pleinement et parfaitement éveillés, absolument rien de commun avec le monde ; ainsi donc, chez ces grands sages, tout est supérieur au monde [...] Ces hommes supérieurs adoptent les quatre attitudes [la station debout, la marche, les positions assise et couchée], mais aucune fatigue ne s'abat sur ces êtres bienfaisants. Ils se lavent les pieds, mais la poussière n’y adhère pas, et leurs pieds sont pareils à la feuille du lotus : c'est là pur conformisme. Les samyaksam-buddha se baignent, mais la souillure n'est point en eux, et leur image est pareille au disque d'or : c'est là pur conformisme. [...] Ils prennent de la nourriture, mais la faim ne les tourmente pas. [...] Quoique le corps du Bien-Allé [Sugata] ne soit pas le résultat d'une union sexuelle, les Buddha font mention de leur mère et de leur père : c'est là pur conformisme." |
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Quelques écoles, peu nombreuses, subiront l’influence des Mahâsâmghika et adopteront, elles aussi, ces thèses. On en trouve la preuve, notamment, dans un texte polémique rédigé à Ceylan, sans doute au IVe siècle après J.-C. On y trouve notamment les affirmations suivantes : |
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"Les Buddha sont partout présents dans toutes les régions de l'univers ; ils peuvent suspendre toutes les lois naturelles par leur pouvoir miraculeux ; leur comportement est transcendant et l'odeur même de leurs excréments surpasse tous les parfums ; ils n'ont jamais résidé dans le monde des hommes." |
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Le Bouddha, ici, n’a plus rien d’un homme ordinaire et sa dimension "historique" a complètement disparu ! |
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Texte 5 |
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Les dix pâramitâ ("perfections") |
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Les pâramitâ sont des qualités que le futur Bouddha doit toutes pratiquer, successivement et en même temps : certaines d’entre elles ne peuvent se développer que si les précédentes ont déjà été pratiquées, mais les suivantes permettront de nourrir et de développer les premières, au fur et à mesure de la progression. Elles seront proposées comme modèle de vie à tous les disciples du Bouddha, mais lui-même doit les pratiquer de manière extraordinaire et pendant un nombre incalculable de vies successives. C’est cette "intensité" de la pratique (qui constitue le coeur de son voeu initial de bodhisattva, son engagement à oeuvrer pour le bien de tous les êtres ) qui lui permettra de devenir un samyaksam-buddha. |
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Le don (dâna) vient en premier parce qu’il est considéré comme le plus facile à mettre en œuvre ; il s’agit d’oeuvrer au profit des autres, tant du point de vue matériel que moral, par les actes comme par les paroles. La discipline (sîla) consiste en l’abstention du meurtre, du vol, du mensonge et de toute conduite "incorrecte"... |
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Ces deux premières pâramitâ fonctionnent en doublet : le don est l’aspect actif (oeuvrer pour le bien d’autrui), la discipline en est le côté passif (s’abstenir de produire de la souffrance...). |
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La renonciation (nekkhama) est un exercice de purification de l’esprit, notamment ce qu’on appelle ordinairement la "méditation", mais surtout le fait de quitter "la vie de maison" pour s’engager dans "la vie sans foyer". C’est le détachement. |
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Ces trois premières pâramitâ, purification active et passive du corps, de la parole et de l’esprit, constituent le cœur de la voie bouddhique. |
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La sagesse (prajnâ) vient ensuite parachever cette purification, puisqu’elle ne peut se manifester qu’une fois l’esprit débarrassé de ses impuretés. |
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Ces quatre premières pâramitâ sont communes à tous ceux qui
cheminent vers l’Eveil, srâvaka-buddha, pratyeka-buddha ou samyaksam-buddha. |
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Viennent ensuite des qualités supplémentaires que tous peuvent mettre en œuvre mais qui seront particulièrement développées par le bodhisattva. |
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Tout d’abord l’énergie (viriya) et la patience (ksanti) : capacité à supporter les épreuves et, notamment, le mal que peut vous faire autrui. |
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La véracité (sacca) consiste à rester fidèle à sa parole, quel que soit le tort qu’on puisse subir. La résolution (adhitthâna) est mentionnée immédiatement après, car seuls sont réellement capables de se perfectionner avec détermination ceux qui possèdent la connaissance des choses telles qu'elles sont et agissent, en conséquence, avec véracité. |
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Quant à l'amour bienveillant (maitrî), il ne peut se manifester que quand on est établi de façon imperturbable dans la détermination de travailler pour le bien d'autrui ; cet "amour", cependant, doit être purifié par l'équanimité (upeksâ), sans laquelle il pourrait n’être qu’une forme subtile d’égoïsme. Dernière étape du cheminement du bodhisattva, maitrî ne doit pas être confondu avec le sentiment qui engage au don (première pâramitâ) ; le don vise le bonheur "en ce monde", alors que l’amour vise la Délivrance. C’est maitrî qui pousse le futur Bouddha à enseigner. |
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Texte 6 |
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Les principaux épisodes de la vie du bodhisattva |
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Naissance |
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Le bodhisattva, siégeant au ciel des dieux Tusita (appelés aussi les "Trente-trois"), décide de renaître dans le monde des hommes pour "accomplir" sa dernière vie. Il choisit pour parents Suddhodana et son épouse Mâyâ, de la famille des Gautama du clan des Sâkya, qui gouvernent la ville de Kapilavastu (dans le Téraï, à la frontière de l’Inde et du Népal). |
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Lors de la conception, "virginale", le bodhisattva descend dans le sein de sa mère sous la forme d’un éléphant blanc à six défenses (dans les versions anciennes, il s’agit d’un rêve, dans les versions plus tardives, d’un fait réel). |
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La naissance a lieu dix mois plus tard, dans le jardin de Lumbini, à mi-chemin entre Kapilavastu et la ville natale de Mâyâ, qui se rendait chez ses parents. La mère accouche debout, tenant une branche d’arbre de sa main droite ; l’enfant sort par le côté droit. |
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Il se dresse aussitôt sur ses pieds, fait sept pas dans les quatre directions (des lotus éclosent sous ses pas) et proclame qu’il est "le Vénéré du Monde". Les dieux versent deux pluies d’eau chaude et froide ; l’univers tremble et résonne de coups de tonnerre. |
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L’enfant est soumis aux sages et devins qui reconnaissent sur lui la
présence des Trente-Deux marques du Grand Homme (mahâ-purusa) et lui
promettent alors l’avenir d’un Roi universel (çakravartin) ou d’un
Bouddha. Il reçoit le nom de Siddhârta ("Celui qui a atteint son
but"). |
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Jeunesse |
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Sept jours après sa naissance, la reine Mâyâ décède et l’enfant est élevé par sa tante maternelle, seconde épouse de son père, Mahâ-Prajapati. Il suit des études brillantes dans tous les domaines d’apprentissage réservés à un prince. Il dispose de trois palais, un pour chaque saison, et son père fait en sorte qu’il bénéficie de tous "les plaisirs des cinq sens" (il redoute de le voir "quitter le monde" et de se retrouver sans héritier). |
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Alors qu’il est encore un enfant, Siddhârta expérimente pour la première fois les différents degrés d’extase de la méditation (les circonstances varient selon les textes). |
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A l’âge de
15 ans, il est marié à la belle Gopâ-Yasodharâ. |
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Les Quatre Rencontres et le Grand Départ |
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Alors qu’il traverse la ville en char pour se rendre dans un jardin, Siddhârta croise un vieillard, puis une autre fois un malade, puis encore un cortège funèbre, et enfin un ascète errant (sramana). Chaque rencontre provoque une violente prise de conscience du caractère éphémère de la vie, soumise à la maladie et à la vieillesse. Il décide de s’engager sur la voie que lui a montré l’ascète errant. |
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Agé de 29 ans, alors que son épouse vient d’accoucher d’un fils (Rahula), Siddhârta profite d’une nuit pour quitter la demeure familiale. Il visite une dernière fois son harem et les femmes endormies évoquent pour lui la maladie et la mort. Tous les habitants du palais sont plongés dans un profond sommeil (grâce à l’intervention des dieux) et le prince déjoue tous les obstacles que son père avait prévus pour empêcher son départ (les dieux même soutiennent les sabots de son cheval). |
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Il s’enfuit, accompagné de son écuyer qu’il congédie bientôt, coupe ses
cheveux, échange ses vêtements avec un mendiant et part seul. |
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Les années d’étude et d’ascèse |
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Siddhârta rejoint d’abord deux brahmanes ascètes (Kâlâma et Râmaputra) qui, successivement, lui enseignent les plus haut degrés de la méditation. Parvenu en un an à les égaler, il récuse leur offre de rester avec eux, voire de prendre leur succession. Pour lui, ces exercices yogiques ne mènent pas à la libération de la souffrance et de la mort. |
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Pendant cinq ans, il pratique une ascèse extrême qui le mène au bord de
l’inanition. Il se souvient alors de sa première expérience de méditation et se
décide à reprendre de la nourriture (une jeune femme, Sujata, lui offre alors
un plat de riz au lait). Ses compagnons, choqués, l’abandonnent. |
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voir
aussi le texte |
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L’Eveil à Bodh-Gayâ |
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Après avoir reçu d’un paysan une poignée d’herbes, il s’en fait un siège et s’installe sous un arbre "pippâl" (aujourd’hui appelé "ficus religiosa"). Il décide de ne pas bouger tant qu’il n’a pas trouvé la solution qui met fin à la mort et entre en méditation. |
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Devant sa détermination, Mâra (le dieu du monde du désir et de la mort) prend peur pour sa souveraineté et l’affronte au cours de trois assauts. Il envoie d’abord une armée de démons pour l’effrayer mais un seul geste du bodhisattva transforme leurs armes en fleurs. Mâra réclame ensuite la place qu’il occupe, en vertu de ses hauts mérites, mais le bodhisattva prend à témoin la terre et celle-ci reconnaît que les mérites de Siddhârta surpassent ceux de Mâra. Dépité, le Démon envoie alors ses trois filles pour le séduire… en pure perte. |
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voir iconographie : |
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Enfin seul (!), le bodhisattva parcourt les divers stades de la
méditation et, au cours de la première veille de la nuit, parvient à se
rappeler ses vies antérieures ; au cours de la seconde veille il comprend
le fonctionnement de la "rétribution des actes", à l’origine du
cycle des renaissances ; au cours de la troisième il découvre enfin le
mécanisme de la "co-production conditionnée". Au moment où l’étoile
du matin se lève dans le ciel, il connaît le Plein Eveil des Bouddhas. Il est
âgé de 35 ans. |
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voir
aussi le texte |
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Les débuts de la prédication |
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Le Bouddha demeure sur place en méditation (quelques jours ou quelques semaines selon les versions). Pendant son séjour, une pluie torrentielle s’abat sur la région et un Naga (dieu serpent), Mucilinda, lui fait un piédestal de ses anneaux et un parapluie de son capuchon à sept têtes. |
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Le Bouddha hésite à enseigner la Doctrine et le dieu Brahmâ intervient lui-même pour le convaincre de le faire. Le Bouddha accepte par compassion : il compare les hommes à des lotus, plus ou moins plongés dans l’eau comme les hommes sont plus ou moins plongés dans l’Ignorance. |
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Deux marchands de passage lui offrent un plat de riz au miel et reçoivent de lui son premier enseignement ainsi que des reliques. |
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Le Bouddha se décide à quitter Bodh-Gayâ et se rend près de Bénarès, où il compte retrouver ses anciens compagnons d’ascèse. Ceux-ci refusent d’abord de lui parler mais, devant son charisme, se décident finalement à l’écouter. Il leur enseigne alors les "Quatre Nobles Vérités" dans le Parc aux Gazelles, à Sârnâth. C’est la "Mise en mouvement de la Roue de la Loi". |
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voir iconographie : |
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Peu de temps après, Yasas, un jeune fils de banquier qui fuit sa famille (comme le Bouddha l’avait fait lui-même) écoute lui aussi son enseignement et demande à entrer dans la Communauté de ses disciples. Il est le premier disciple laïc. De nombreux membres de sa famille et des amis suivent son exemple. |
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Ainsi commencent 45 années de prédication errante… |
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Université Bouddhique Européenne -
2001 |