Le
Grand Départ
Avant mon
éveil, quand j'étais encore un bodhisatta, la pensée suivante m'est venue :
« La vie de ménage est serrée, comme une voie poussiéreuse. La vie de
moine est libre comme l'air. Il n'est pas facile, vivant à la maison, de mener
la vie totalement parfaite et totalement pure comme un coquillage poli. Que se
passerait-il, si je rasais mes cheveux et ma barbe et revêtais la robe ocre et
que je renonçais à la vie domestique et devenais quelqu'un sans demeure
? »
Ainsi
plus tard, quand j'étais encore jeune, les cheveux noirs, doté des bénédictions
de la jeunesse, à la première étape de la vie, ayant rasé mes cheveux et ma
barbe - bien que mes parents le souhaitaient autrement et s'affligeaient avec
des larmes sur leur visage - j'ai pris la robe ocre et j'ai renoncé à la vie
domestique pour devenir quelqu'un sans demeure.
Les
années d'étude avec deux maîtres
Je suis allé à la recherche de
ce qui pourrait être habile, d'un état sublime de paix ultime et suis allé voir
le maître Alara Kalama et lui ai dit : « Ami Kalama, je veux pratiquer ces
doctrines et cette discipline. » Il m'a répondu : « Vous pouvez
rester ici mon ami. » Cette doctrine était telle qu'une personne sage
pouvait bientôt acquérir la connaissance qu'avait le professeur et pouvait en
faire l'expérience directe par lui-même. Peu de temps après, j'avais appris la
doctrine. Par la seule récitation et répétition, je pouvais parler de la
connaissance, utiliser les expressions des anciens et je pouvais affirmer que
je la connaissais comme d'autres la connaissaient aussi. J'ai pensé : « Ce
n'est pas seulement parce qu'il le croit lui-même que le maître Alara Kalama
déclare : « Je suis entré et je demeure dans cet enseignement, l'ayant
réalisé par moi-même par la connaissance directe. » Il est certainement
véritablement établi dans la connaissance directe et la vision de cet
enseignement. »
Je l'ai
approché et je lui ai dit
« Jusqu'à quel niveau déclarez-vous avoir pénétré cet enseignement
? » Il a déclaré : « Jusqu'à la sphère du vide.
Alors
j'ai pensé : « Le maître Alara Kalama a la conviction, la persévérance,
l'attention, la concentration et le discernement. Mais, moi aussi, j'ai la conviction,
la persévérance, l'attention, la concentration et le discernement. Et si
j'essayais de mettre en pratique l'enseignement dont le maître Alara Kalama
déclare qu'il l'a trouvé par connaissance directe ? » Ainsi, peu après, je
réalisais le dhamma du maître Alara Kalama par connaissance directe.
[Le
Bouddha raconte son succès dans la méditation à son maître]
Le maître
répond : « C'est un gain pour nous, mon ami, un grand gain pour nous
d'avoir un tel compagnon dans la vie sainte. Ainsi avez-vous trouvé par
vous-même le dhamma dans lequel je suis entré par connaissance directe. Le
dhamma que je connais est le même dhamma que vous connaissez ; le dhamma que
vous connaissez est le même dhamma que je connais. Venez, dirigez maintenant
cette communauté ensemble avec moi. »
De cette
façon le maître Alara Kalama m'a fait, à moi, son élève, le grand honneur de me
placer sur le même niveau que mon professeur et de me récompenser en
conséquence. Mais la pensée suivante m'est venue : « Ce dhamma ne mène pas
à la désillusion, à la fin de la passion, à la cessation, au calme, à la
connaissance, à l'éveil, ni à l'ultime, mais seulement à la renaissance dans le
monde de la contemplation du vide. » Ainsi, mécontent de ce dhamma, je
suis parti.
Je suis
allé à la recherche de ce qui pourrait être habile, d'un état sublime de paix
et ultime et je suis allé voir le maître Uddaka Ramaputta et lui ai dit :
« Ami Uddaka, je veux pratiquer ces doctrines et cette discipline. »
Il m'a répondu : « Vous pouvez rester ici mon ami. » Cette doctrine
était telle qu'une personne sage pouvait bientôt acquérir la connaissance
qu'avait le professeur et pouvait en faire l'expérience directe par lui-même.
Peu de temps après, j'avais appris la doctrine. Par la seule récitation et
répétition, je pouvais parler de la connaissance, utiliser les expressions des
anciens et je pouvais affirmer que je la connaissais comme d'autres la
connaissaient aussi.
J'ai
pensé : « Ce n'est pas seulement parce qu'il le croit lui-même que le
maître Uddaka Ramaputta déclare : « Je suis entré et je demeure dans cet
enseignement, l'ayant réalisé par moi-même par la connaissance directe. »
Il est certainement véritablement établi dans la connaissance directe et la
vision de cet enseignement. »
Je l'ai
approché et je lui ai dit : « Jusqu'à quel niveau déclarez-vous avoir
pénétré cet enseignement ? » Il a déclaré : « Jusqu'à la sphère de la
perception presque inexistante. »
Alors j'ai pensé : « Le maître Uddaka Ramaputta a la conviction, la
persévérance, l'attention, la concentration et le discernement. Mais, moi
aussi, j'ai la conviction, la persévérance, l'attention, la concentration et le
discernement. Et si j'essayais de mettre en pratique l'enseignement dont le
maître Uddaka Ramaputta déclare qu'il l'a trouvé par connaissance directe
? » Ainsi, peu après, je réalisais le dhamma du maître Uddaka Ramaputta
par connaissance directe.
[Le
Bouddha raconte son succès dans la méditation à son maître]
Le maître
répond : « C'est un gain pour nous, mon ami, un grand gain pour nous
d'avoir un tel compagnon dans la vie sainte. Ainsi vous avez trouvé par
vous-même le dhamma dans lequel je suis entré par connaissance directe. Le
dhamma que je connais est le même dhamma que vous connaissez ; le dhamma que
vous connaissez est le même dhamma que je connais. Venez, menez maintenant
cette communauté ensemble avec moi. »
De cette
façon le maître Uddaka Ramaputta m'a fait, à moi, son élève, le grand honneur
de me placer sur le même niveau que mon professeur et de me payer en
conséquence. Mais la pensée suivante n'est venue : « Ce dhamma ne mène pas
à la désillusion, à la fin de la passion, à la cessation, au calme, à la
connaissance, à l'éveil, ni à l'ultime, mais seulement à la renaissance dans le
monde de la contemplation de la conscience à la perception presque
inexistante. » Ainsi, mécontent de ce dhamma, je suis parti.
Les
années d'ascèse
A la
recherche de ce qui pourrait être habile, d'un état sublime de paix ultime,
j'ai erré par étapes dans le pays de Maghada et je suis arrivé à Uruvela. Là,
j'ai vu une campagne délicieuse, avec une plantation de forêt, un fleuve d'eau
claire aux berges de sable fin, entouré de villages permettant d'aller aux
aumônes. La pensée m'est venue : « Comme cette campagne est délicieuse,
avec sa plantation de forêt, le fleuve clair aux berges de sable fin, entouré
de villages permettant d'aller aux aumônes. C'est juste ce qu'il me faut pour
la tâche que j'ai l'intention d'accomplir. »
Ainsi me
suis-je assis là, pensant : « C'est juste ce qu'il faut pour la tâche que
j'ai l'intention d'accomplir. »
Il m'est venue trois images spontanées dont je n'avais jamais entendu parler
avant : imaginez un morceau de bois humide et mouillé qui se trouve dans l'eau
et quelqu'un qui viendrait avec une allumette en pensant : « Je vais
allumer un feu. Je vais produire de la chaleur. » Que pensez-vous ?
Pourra-t-il allumer le feu avec le morceau de bois humide et mouillé qui se
trouve dans l'eau ? - Non, maître. - Et pourquoi cela ? Parce que le bois est
humide et mouillé sans parler du fait qu'il est dans l'eau. Cet homme
récolterait seulement de la fatigue et de la déception. Ainsi en est-il avec
n'importe quel brahmane ou moine qui ne vit pas retiré de la sensualité du
corps et de l'esprit et chez qui le désir, la soif et la fièvre de la
sensualité n'est pas calmé. Il ressent des sentiments douloureux, perçants, dus
à ces souillures et il est incapable de réaliser la connaissance, la vision et
l'éveil.
[...]
C'est
pourquoi j'ai pensé : « Et si je serrais les dents et la langue contre le
palais pour contraindre et écraser mes pensées avec ma conscience ? »
Ainsi, serrant les dents et la langue contre le palais, j'ai contraint et
écrasé mes pensées avec ma conscience. Tout comme un homme fort attrape un
homme plus faible par la tête, la gorge ou les épaules et le bat pour le
contraindre et l'écraser, j'ai battu, contraint et écrasé mes pensées avec ma
conscience. Quand je faisais cela, la sueur se déversait de mes aisselles. Et
bien qu'une persévérance inlassable ait été réveillée en moi et qu'une
attention claire ait été établie, mon corps était agité, n'était pas calme, en
raison de l'effort douloureux. Malgré cela, le sentiment douloureux qui avait
surgi ainsi n'a pas influencé mon esprit, ne l'a pas envahi et ne s'y est pas
établi.
J'ai
pensé : « Et si je m'absorbais dans la transe de l'arrêt de la respiration
? » Ainsi j'ai arrêté les inspirations et les expirations. En faisant
cela, il y avait des vents hurlants qui sortaient de mes oreilles, tout comme
le roulement des vents produits par les soufflets d'un forgeron. C'est ainsi
que j'ai arrêté les inspirations et les expirations par la bouche et par le
nez. Quand je faisais cela des forces extrêmes ont découpé ma tête, comme si un
homme fort la découpait en tranches avec une épée pointue. Des douleurs extrêmes
ont surgi dans ma tête comme si un homme fort serrait un turban fait de
courroies de cuir dur autour de mes tempes. Des forces extrêmes ont divisé mon
estomac, tout comme si un boucher ou son apprenti divisait l'estomac d'un bouf.
Une brûlure extrême apparut dans mon corps, tout comme si un homme fort,
saisissant un homme plus faible par les bras, le rôtissait et le grillait
au-dessus d'un puits de braises ardentes. Et bien qu'une persévérance
inlassable ait été réveillée en moi et qu'une attention claire ait été établie,
mon corps était agité, n'était pas calme, en raison de l'effort douloureux.
Malgré cela, le sentiment douloureux qui avait surgi ainsi n'a pas influencé
mon esprit, ne l'a pas envahi et ne s'y est pas établi.
Les êtres célestes, en me voyant disaient : «Gotama est mort ». D'autres leur
répondirent : « Il n'est pas encore mort, il est en train de mourir ». D'autres
dirent : « il n'est mi mort ni mourant, il est un saint - parce que les saints
passent par cette phase. »
J'ai
pensé : « Et si je pratiquais sans prendre de nourriture du tout ? »
Alors les dieux sont venus vers moi et m'ont dit : « Cher maître, ne pratiquez
pas sans prendre de nourriture du tout. Si vous faites cela, nous vous
infuserons de la nourriture divine par vos pores et vous survivrez ». J'ai
pensé : « Si je devais prétendre jeûner complètement tandis que ces êtres
célestes influent de la nourriture par mes pores, je serais un menteur. Ainsi
les ai-je écarté en disant : « Assez ! »
J'ai
pensé : « Et si je prenais seulement un tout petit peu de nourriture à la
fois, seulement une poignée de soupe aux fèves, de potage de lentilles, de
potage aux herbes ? » Ainsi ai-je pris seulement un peu de nourriture
à la fois et mon corps est devenu extrêmement maigre. Du fait que je mangeais
tellement peu, tous les membres sont devenus comme des tiges de vigne ou des
tiges de bambou. Mon derrière ressemblait au sabot d'un chameau. La colonne
vertébrale ressortait comme une corde de perle et mes yeux semblaient être
descendus profondément à l'intérieur du crâne. Mon cuir chevelu était ratatiné
comme une courge amère et la peau de mon ventre était collée à ma colonne
vertébrale à tel point que, quand je voulais toucher mon ventre, je saisissais
la colonne vertébrale et, quand je voulais toucher ma colonne vertébrale,
j'avais également dans la main la peau de mon ventre. Quand j'urinais ou que je
déféquais, je tombais sur le côté droit en raison de l'épuisement dû au fait
que je mangeais tellement peu. Si j'essayais de soulager mon corps en frottant
mes membres avec mes mains, les poils qui étaient décomposés à la racine en
tombaient ; cela était dû au fait que je mangeais tellement peu. Les gens
qui me voyaient disaient : « Gotama est noir ». D'autres
disaient : « Le moine Gotama n'est pas noir, il est brun ». Et
d'autres disaient : « Le moine Gotama n'est ni noir ni brun, sa peau
à la couleur de l'or foncé ». Ma peau, claire et lumineuse à l'origine,
s'était à ce point détériorée du fait que je mangeais tellement peu.
J'ai
pensé : « Quels que soient les prêtres, les moines du passé qui aient
senti des sentiments douloureux et perçants dû a leurs efforts, aucun n'a pu
avoir des sensations plus intenses que celles-ci. Ceci est l'extrême des
sensations douloureuses et perçantes. Il n'y en a pas qui soient plus grandes
que celles-ci. Mais avec cette pratique de torture du corps et des austérités,
je n'ai atteint aucun état humain supérieur, aucune distinction dans la
connaissance de la vision ou l'éveil. Se pourrait-il qu'il y ait un autre chemin
qui mène à l'éveil ? »
Souvenir
de la première méditation
J'ai
pensé : « Je me rappelle une fois, quand j'étais petit, mon père le roi
Sakya était en train de faire la cérémonie du labour d'un champ et j'étais
assis à l'ombre fraîche d'un arbre. Alors, tout à fait à l'écart de la sensualité,
à l'écart des états mentaux malsains, je suis entré et je suis resté dans la
première absorption : mon esprit était rempli de ravissement et de bien-être,
accompagnée d'application initiale et continue de la pensée. Se pourrait-il que
ceci soit le chemin vers l'éveil ? »
Puis, en
suivant ce souvenir m'est venue l'idée : ceci est le chemin vers l'éveil. J'ai
pensé : pourquoi suis je effrayé de ce plaisir qui n'a rien à voir avec la
sensualité, qui n'a rien à voir avec des états d'esprits malsains ? J'ai pensé
: je n'ai plus peur de ce plaisir qui n'a rien à voir avec la sensualité, rien
à voir avec des états mentaux malsains. Mais il n'est pas facile de réaliser
cette absorption avec un corps extrêmement maigre comme le mien. Supposons que
je prenne une nourriture normale : du riz et du lait.
Ainsi
j'ai repris de la nourriture normale. Maintenant les cinq moines qui avaient
été à mon service pensaient : « Si Gotama, notre moine, atteignait un état
de conscience élevée, il nous le dirait. » Mais quand ils ont vu que je
reprenais de la nourriture normale, ils ont été dégoûtés et se sentaient
trompés en pensant : « Le moine Gotama s'adonne au luxe. Il a abandonné
son effort et est retombé dans la consommation abondante. »
La
nuit de l'Eveil
Ainsi une
fois que j'avais pris de la nourriture normale et que j'avais regagné des
forces je suis entré et suis resté dans la première absorption, tout à fait à
l'écart de la sensualité et des états d'esprit malsains. Mon esprit était
rempli de ravissement et de bien-être et accompagné d'application initiale et
continue de la pensée. Mais le sentiment plaisant qui avait surgi de cette
façon n'a pas envahi mon esprit n'y est pas demeuré.
Ayant
calmé l'application initiale et continue de la pensée, je suis entré et suis
resté dans la deuxième absorption qui est accompagnée de ravissement, de
bien-être et de l'unification de l'esprit ainsi que d'équanimité. Mais le
sentiment plaisant qui avait surgi de cette façon n'a pas envahi mon esprit n'y
est pas demeuré. Avec l'effacement du ravissement je suis resté dans
l'équanimité, conscient et alerte et physiquement sensible au bien être. Je
suis entré et suis resté dans la troisième absorption duquel les nobles disent
: conscient et plein d'équanimité, il demeure dans un état agréable. Mais le
sentiment plaisant qui avait surgi de cette façon n'a pas envahi mon esprit et
n'y est pas demeuré. Avec l'abandon du plaisir et de la douleur ainsi que de
l'exaltation et de la détresse, je suis entré et suis resté dans la quatrième
absorption accompagnée de pureté, d'équanimité et d'attention, sans plaisir ni
douleur. Mais le sentiment plaisant qui avait surgi de cette façon n'a pas
envahi mon esprit et n'y est pas demeuré.
Alors que
mon esprit était concentré ainsi, épuré, lumineux, sans tache, débarrassé des
souillures, malléable, régulier et avait atteint le calme, je l'ai dirigé vers
la connaissance du souvenir de mes vies passées. Je me suis rappelé la
turbulence des vies, c'est-à-dire d'une naissance, de 5, 10, 50, 100, 1.000,
100.000 naissances pendant beaucoup d'éons cosmiques. Je me suis souvenu : dans
cette vie-là, tel était mon nom, je faisais partie de telle famille, j'avais
tel visage. Telle était ma nourriture et telles mes expériences de plaisir et
de douleur. Telle fut ma mort. M'éteignant ici, j'ai resurgi là. Dans la vie
suivante, j'avais tel nom, je faisais partie de telle famille et j'avais tel
visage. Telle était ma nourriture et telles mes expériences de plaisir et de
douleur. Telle fut ma mort. M'éteignant ici, j'ai resurgi là.
Ainsi me
suis-je rappelé la turbulence des vies, les unes après les autres, en détail.
C'était la première connaissance que j'avais atteinte dans le premier tiers de
la nuit. L'ignorance avait été détruite ; la connaissance avait surgi ;
l'obscurité avait été détruite ; la lumière avait surgi comme cela se produit
chez quelqu'un qui est prudent, ardent et résolu. Mais le sentiment plaisant
qui avait surgi de cette façon n'a pas envahi mon esprit et n'y est pas
demeuré.
Alors que
mon esprit était concentré ainsi, épuré, lumineux, sans tache, débarrassé des
souillures, malléable, régulier et avait atteint le calme, je l'ai dirigé vers
la connaissance de l'oil divin pour voir la mort et la réapparition des êtres.
J'ai vu - au moyen de l'oil divin, épuré et surpassant l'oil humain - des êtres
s'éteindre et réapparaître et j'ai discerné comment ils sont inférieurs ou
supérieurs, beaux ou laids, chanceux ou malheureux en fonction de leurs actions
: les êtres dotés de mauvaise conduite du corps, de la parole, et de l'esprit, qui
méprisaient les nobles et avaient de fausses vues et qui ont agi sous
l'influence de ses fausse vues - à la dissolution du corps, après la mort sont
réapparus dans des sphères de privation, dans de mauvaises destinées, dans des
royaumes inférieurs, en enfer. Mais les êtres qui y avaient une bonne conduite
du corps, de la parole et de l'esprit qui ne méprisaient pas les nobles, qui
avaient des vues justes et agissaient sous l'influence de ces vues justes - à
la dissolution du corps, après la mort réapparaissant dans de bonnes destinées,
dans des mondes merveilleux. Au moyen de l'oil divin, épuré et surpassant l'oil
humain - j'ai vu ainsi des êtres mourir et réapparaître et j'ai discerné
comment ils sont devenus inférieurs ou supérieurs, beaux ou laids, chanceux ou
malheureux selon leurs actions. Ceci était la deuxième connaissance que j'avais
atteinte dans le deuxième tiers de la nuit. L'ignorance avait été détruite ; la
connaissance avait surgi ; l'obscurité avait été détruite ; la lumière avait
surgi comme cela se produit chez quelqu'un qui est prudent, ardent et résolu.
Mais le sentiment plaisant qui avait surgi de cette façon n'a pas envahi mon
esprit est n'y est pas demeuré.
Alors que
mon esprit était concentré ainsi, épuré, lumineux, sans tache, débarrassé des
souillures, malléable, régulier et avait atteint le calme, je l'ai dirigé vers
la connaissance de la fin des choses composées. J'ai discerné telle qu'elle est
la souffrance, l'origine de la souffrance, la fin de la souffrance et la voie
menant vers la fin de cette souffrance. J'ai discerné telles qu'elles sont les
choses composées, l'origine des choses composées, la fin des choses composées
et la voie menant vers la fin les choses composées.
Mon cour, voyant ce fait, avait été libéré de l'attachement
à la sensualité, libéré de l'attachement au devenir, libéré de l'attachement à
l'ignorance. Avec le détachement, il y eut la connaissance que j'étais libéré.
J'ai discerné qu'il n'y avait plus de renaissance pour moi, que la vie sainte
avait été bien menée, que la tâche avait été accomplie. Il n'y avait plus rien
à faire pour moi dans ce monde. Ceci est la troisième connaissance que j'avais
atteinte dans le troisième tiers de la nuit. L'ignorance avait été détruite ;
la connaissance avait surgi ; l'obscurité avait été détruite ; la lumière avait
surgi comme cela se produit chez quelqu'un qui est prudent, ardent et résolu.
Mais le sentiment plaisant qui avait surgi de cette façon n'a pas envahi mon
esprit et n'y est pas demeuré.
