Ainsi ai-je entendu :
Une fois, le Bhagavat
résidait au pays de Kurus, dans un bourg des Kurus nommé Kammassadhamma. Là, le
Bhagavat appela les moines « Moines » !
« Seigneur »!
répondirent ces moines au Bhagavat.
Le Bhagavat parla ainsi :
« Il n'y a qu'une seule voie, ô bhikkhu,
conduisant à la purification des êtres, à la conquête des douleurs et des
peines, à la destruction des souffrances physiques et morales, à l'acquisition
de la conduite droite, à la réalisation du Nibbâna, ce sont les quatre
bases de l'attention.
Quelles sont ces quatre bases de l'attention ?
Voici, ô bhikkhu, un bhikkhu
demeure dans la contemplation du corps [kâya] sur le corps, résolu, avec claire
compréhension, observant attentivement et ayant écarté la convoitise et les
soucis liés au monde ; il demeure dans la contemplation des sensations [vedâna]
sur les sensations, résolu, avec claire compréhension, observant
attentivement et ayant écarté la convoitise et les soucis liés au monde ; il
demeure dans la contemplation de l'esprit [citta] sur l'esprit, résolu, avec claire
compréhension, observant attentivement et ayant écarté la convoitise et les
soucis liés au monde ; il demeure dans la contemplation des objets mentaux [dhamma]
sur les objets mentaux, résolu, avec claire compréhension, observant
attentivement et ayant écarté la convoitise et les soucis liés au monde.
I. Observer le corps [kâya]
Et comment, ô bhikkhu, un bhikkhu
demeure-t-il, considérant le corps ?
a. Il
aspire et expire attentivement
Voici, ô bhikkhu, un moine
étant allé dans la forêt, ou au pied d'un arbre, ou dans une maison isolée,
s'assied, les jambes croisées, le corps droit, son attention fixée devant lui.
Attentivement il aspire,
attentivement il expire.
Aspirant lentement il sait :
« Lentement j'aspire ». Expirant lentement, il sait :
« Lentement j'expire ». Aspirant rapidement, il sait :
« Rapidement j'aspire ». Expirant rapidement, il sait :
« Rapidement j'expire ».
« Ressentant tout le corps,
j'aspire », ainsi s'entraîne-t-il. « Ressentant tout le corps,
j'expire », ainsi s'entraîne-t-il.
« Calmant les activités du
corps, j'aspire », ainsi s'entraîne-t-il. « Calmant les
activités du corps, j'expire », ainsi s'entraîne-t-il.
[comparaison avec le tourneur]
De même, ô bhikkhu, qu'un
habile tourneur ou un apprenti tourneur, tirant lentement, sait :
« Lentement je tire » ; tirant rapidement, il sait :
« Rapidement je tire ». De même, ô bhikkhu, un moine aspirant
lentement sait : « Lentement j'aspire » ; expirant lentement,
il sait : « Lentement j'expire» ; aspirant rapidement, il sait :
« Rapidement j'aspire » ; expirant rapidement, il sait :
« Rapidement j'expire » ; « Ressentant tout le corps, j'aspire »,
ainsi s'entraîne-t-il ; « Ressentant tout le corps, j'expire », ainsi
s'entraîne-t-il ; « Calmant les activités du corps, j'aspire », ainsi
s'entraîne-t-il ; « Calmant les activités du corps, j'expire », ainsi
s'entraîne-t-il
[instructions pour la
pratique]
Ainsi il demeure, considérant le corps
intérieurement ; il demeure considérant le corps extérieurement ; il demeure
considérant le corps intérieurement et extérieurement. Il demeure considérant
l'apparition des choses dans le corps ; il demeure considérant la disparition
des choses dans le corps ; il demeure considérant l'apparition et la
disparition des choses dans le corps. « Voilà le corps » ; cette
introspection est présente à lui, seulement pour la cette connaissance,
seulement pour la réflexion, et il demeure libéré et ne s'attache à rien dans
le monde. C'est ainsi, aussi, ô bhikkhu, qu'un moine demeure considérant
le corps.
b. Il
observe le corps.
l.
dans telle ou telle posture
Et de plus, ô bhikkhu, un
moine, allant, il sait : « je vais » ; étant debout, il sait :
« je suis debout » ; étant assis, il sait : « je suis
assis » ; étant couché, il sait : « je suis couché » ; le
corps étant dans telle ou telle position, il sait être dans telle ou telle
position.
Ainsi il demeure considérant le
corps...
2.
dans telle ou telle action
Et de plus, ô bhikkhu, un
moine, allant ou revenant, il en est parfaitement conscient ; regardant devant
ou autour de lui, il en est parfaitement conscient ; tendant ou repliant ses
membres, il en est parfaitement conscient ; portent le bol et les robes monastiques,
il en est parfaitement conscient ; mangeant, buvant, mastiquant, goûtant, il en
est parfaitement conscient ; déféquant, urinant, il en est parfaitement
conscient ; marchant, étant debout, s'asseyant, s'endormant, s'éveillant,
parlant, se taisant, il en est parfaitement conscient.
Ainsi il demeure considérant le
corps...
3.
recouvert de peau et rempli d'impuretés
Et de plus, ô bhikkhu, un
moine considère ce corps de la plante des pieds au sommet de la tête, recouvert
de peau et rempli d'impuretés diverses : « Il y a dans ce corps :
cheveux, poils, ongles, dents, peau, chair, tendons, os, molle, reins, cour,
foie, plèvre, rate, poumons, intestins, mésentère, estomac, excréments, bile,
phlegme, pus, sang, sueur, graisse, larmes, suint, salive, mucus, synovie,
urine. »
[comparaison avec un sac de
graines]
De même, ô bhikkhu, que
s'il y avait un sac à deux ouvertures rempli de graines diverges, telles que :
riz, riz brut, pois chiches, haricots, sésame, riz perlé, alors un homme qui
voit bien l'ayant ouvert, examinerait : « ceci est du riz, ceci du riz
brut, ceci des pois chiches, ceci des haricots, ceci du sésame, ceci du riz
perlé » ; de même ô bhikkhu, un moine considère ce corps.
Ainsi il demeure considérant le
corps...
4.
formé des quatre éléments
Et de plus, ô bhikkhu, un
moine examine le corps, tel qu'il est placé par éléments : « Il y a dans
ce corps l'élément terre, l'élément eau, l'élément feu, l'élément air ».
De même, ô bhikkhu, qu'un habile boucher, ou un apprenti boucher, ayant
tué une vache va s'asseoir à un carrefour, l'ayant débitée en morceaux, de
même, ô bhikkhu, un moine examine ce corps tel qu'il est placé par
éléments : « Il y a dans ce corps l'élément terre, l'élément eau,
l'élément feu, l'élément air. »
Ainsi il demeure considérant le
corps...
c.
Contemplation d'un cadavre [9 étapes]
l] Et de plus, ô bhikkhu,
quand un bhikkhu voit un corps jeté sur un charnier, mort depuis un
jour, deux jours, trois jours, gonflé, bleui, putréfié, il réfléchit à son
propre corps : « Ce corps a la même nature, il deviendra de même, il ne
peut l'éviter. »
Ainsi il demeure considérant le
corps...
2] Et de plus, ô bhikkhu,
quand un bhikkhu voit un corps jeté sur un charnier, déchiqueté par
les corbeaux, les vautours et les aigles, déchiré par les chiens et les
chacals, rongé par toutes sortes de vers, il réfléchit à son propre corps :
« Ce corps a la même nature, il deviendra de même, il ne peut
l'éviter. »
Ainsi il demeure considérant le
corps...
3] Et de plus, ô bhikkhu,
quand un bhikkhu voit un corps jeté sur un charnier, charpente
d'ossements liés par les tendons, ayant encore lambeaux de chair et taches de
sang, il réfléchit à son propre corps : « Ce corps a la même nature,
il deviendra de même, il ne peut l'éviter. »
Ainsi il demeure considérant le
corps...
4] Et de plus, ô bhikkhu,
quand un bhikkhu voit un corps jeté sur un charnier, charpente
d'ossements liés par les tendons, sans plus de chair, mais taché de sang,
il réfléchit à son propre corps : « Ce corps a la même nature, il
deviendra de même, il ne peut l'éviter. »
Ainsi il demeure considérant le
corps...
5] Et de plus, ô bhikkhu,
quand un bhikkhu voit un corps jeté sur un charnier, charpente
d'ossements liés par les tendons, sans plus de chair, ni taches de sang, il
réfléchit à son propre corps : « Ce corps a la même nature, il deviendra
de même, il ne peut l'éviter. »
Ainsi il demeure considérant le
corps...
6] Et de plus, ô bhikkhu,
quand un bhikkhu voit un corps jeté sur un charnier, les ossements
déliés des tendons, dispersés çà et là, ici un os des mains et là un os des
pieds ; ici un tibia et là un fémur ; ici un bassin, et là des vertèbres ; ici
le crâne ; il réfléchit à son propre corps : « Ce corps a la
même nature, il deviendra de même, il ne peut l'éviter. »
Ainsi il demeure considérant le
corps...
7] Et de plus, ô bhikkhu,
quand un bhikkhu voit un corps jeté sur un charnier, les ossements
blanchis comme des coquillages, il réfléchit à son propre corps : « Ce
corps a la même nature, il deviendra de même, il ne peut l'éviter. »
Ainsi il demeure considérant le
corps...
8] Et de plus, ô bhikkhu,
quand un bhikkhu voit un corps jeté sur un charnier, les ossements
entassés après un an passé, il réfléchit à son propre corps : « Ce
corps a la même nature, il deviendra de même, il ne peut l'éviter. »
Ainsi il demeure considérant le
corps...
9] Et de plus, ô bhikkhu,
quand un bhikkhu voit un corps jeté sur un charnier, les ossements
pourris et devenus poussière, il réfléchit à son propre corps : « Ce
corps a la même nature, il deviendra de même, il ne peut l'éviter. »
Ainsi il demeure considérant le
corps...
II. Observer les sensations [vedâna]
Et comment, ô bhikkhu, un moine demeure-t-il
considérant les sensations ?
Voici, ô bhikkhu, un bhikkhu
ressentant une sensation agréable sait : « Je ressens une
sensation agréable » ; ressentant une sensation désagréable, il
sait : « Je ressens une sensation désagréable » ; ressentant une
sensation ni agréable, ni désagréable, il sait : « Je ressens une
sensation ni agréable, ni désagréable ».
Ressentant une sensation matérielle agréable, il
sait : « Je ressens une sensation matérielle agréable » ; ressentant
une sensation spirituelle agréable, il sait : « Je ressens une
sensation spirituelle agréable » ; ressentant une sensation matérielle
désagréable, il sait : « Je ressens une sensation matérielle
désagréable » ; ressentant une sensation spirituelle désagréable, il
sait : « Je ressens une sensation spirituelle désagréable » ;
ressentant une sensation matérielle ni agréable, ni désagréable, il sait :
« Je ressens une sensation matérielle ni agréable, ni désagréable » ;
ressentant une sensation spirituelle ni agréable, ni désagréable, il sait :
« Je ressens une sensation spirituelle ni agréable, ni désagréable ».
Ainsi il demeure considérant les
sensations.
III. Observer
l'esprit [citta]
Et comment, ô bhikkhu, un bhikkhu
demeure-t-il considérant l'esprit ?
[Les « Trois
Poisons »]
Voici, ô bhikkhu, un bhikkhu
ne ayant un esprit avide sait : « Ceci est un esprit avide » ;
ayant un esprit libre d'avidité, il sait : « Ceci est un esprit
libre d'avidité » ; ayant un esprit haineux, il sait : « Ceci
est un esprit haineux » ; ayant un esprit libre de haine, il sait :
« Ceci est un esprit libre de haine » ; ayant un esprit égaré,
il sait : « Ceci est un esprit égaré » ; ayant un esprit libre
d'égarement, il sait : « Ceci est un esprit libre d'égarement » ;
[recueilli, etc.]
Ayant un esprit recueilli
il sait : « Ceci est un esprit recueilli » ; ayant un esprit non
recueilli, il sait : « Ceci est un esprit non recueilli » ; ayant un
esprit grand il sait : « Ceci est un esprit grand » ; ayant un
esprit sans grandeur, il sait : « Ceci est un esprit sans
grandeur » ; ayant un esprit peu élevé, il sait : « Ceci est
un esprit peu élevé » ; ayant un esprit élevé, il sait :
« Ceci est un esprit élevé » ; ayant un esprit concentré, il
sait : « Ceci est un esprit concentré » ; ayant un esprit non
concentré, il sait : « Ceci est un esprit non concentré » ; ayant
un esprit libéré, il sait : « Ceci est un esprit libéré » ;
ayant un esprit non libéré, il sait : « Ceci est un esprit non
libéré ».
Ainsi il demeure considérant
l'esprit .
IV. Observer
les objets mentaux [dhamma]
Et comment, ô bhikkhu, un bhikkhu
demeure-t-il considérant les objets mentaux ?
a. les
cinq obstacles
Voici, ô bhikkhu, un bhikkhu
demeure considérant les cinq obstacles dans les objets mentaux . Et comment, ô bhikkhu,
un moine demeure-t-il considérant les cinq obstacles dans les objets
mentaux ?
Voici, ô bhikkhu, un bhikkhu,
quand le désir sensuel est en lui, il sait : « En moi est le
désir sensuel » ; quand le désir sensuel n'est pas en lui, il sait : « En
moi n'est pas le désir sensuel ; il sait comment le désir sensuel, non
apparu, apparaît. Il sait comment le désir sensuel apparu, est déraciné.
Il sait comment le désir sensuel déraciné ne surgira plus.
Quand l'aversion est en
lui, il sait : « En moi, est l'aversion ». Quand l'aversion n'est pas en
lui, il sait : « En moi, n'est pas l'aversion ». Il sait comment
l'aversion, non apparue, apparaît. Il sait comment l'aversion apparue est
déracinée. Il sait comment l'aversion déracinée, ne surgira plus.
Quand la torpeur physique et
mentale sont en lui, il sait : « En moi sont la torpeur physique et
mentale ». Quand la torpeur physique et mentale ne sont pas en lui, il sait :
« En moi ne sont pas la torpeur physique et mentale ». Il sait comment la
torpeur physique et mentale, non apparues, apparaissent. Il sait comment la
torpeur physique et mentale apparues sont déracinées. Il sait comment la
torpeur physique et mentale déracinées ne surgiront plus.
Quand l'agitation anxieuse
est en lui, il sait : « En moi, est l'agitation anxieuse ». Quand
l'agitation anxieuse n'est pas en lui, il sait : « En moi, n'est pas
l'agitation anxieuse ». Il sait comment l'agitation anxieuse non apparue,
apparaît ; il sait comment l'agitation anxieuse apparue est déracinée ; il sait
comment l'agitation anxieuse déracinée ne surgira plus.
Quand le doute est en lui,
il sait : « En moi est le doute ». Quand le doute n'est pas en
lui, il sait : « En moi, le doute n'est pas ». Il sait comment le doute,
non apparu, apparaît ; il sait comment le doute apparu est déraciné ; il sait
comment le doute déraciné ne surgira plus.
Ainsi il demeure considérant les
objets mentaux .
b. les
cinq agrégats
Et de plus, ô bhikkhu, un bhikkhu demeure
examinant les cinq agrégats dans les objets mentaux . Et comment, ô bhikkhu,
un bhikkhu demeure-t-il considérant les cinq agrégats dans les objets
mentaux ?
Voici, ô bhikkhu, un bhikkhu
se dit : « Ainsi est la forme, ainsi est l'apparition de la
forme, ainsi est la disparition de la forme ».
« Ainsi sont les
sensations, ainsi est l'apparition des sensations, ainsi est la disparition
des sensations »
« Ainsi sont les
perceptions, ainsi est l'apparition des perceptions, ainsi est la
disparition des perceptions »
« Ainsi sont les
constructions mentales, ainsi est l'apparition des constructions mentales,
ainsi est la disparition des constructions m entales »
« Ainsi sont les
consciences, ainsi est l'apparition des consciences, ainsi est la
disparition des consciences. »
Ainsi il demeure considérant les
objets mentaux .
c. les
six sphères sensorielles
Et de plus, ô bhikkhu, un bhikkhu
demeure considérant les six sphères sensorielles, intérieures et extérieures,
dans les objets mentaux . Et comment, ô bhikkhu, un bhikkhu
demeure-t-il considérant les six sphères sensorielles, intérieures et
extérieures, dans les objets mentaux ?
Voici, ô bhikkhu, un bhikkhu
connaît l'oil, il connaît les formes, et il connaît le lien
qui naît à cause d'elles. Il sait comment ce lien non apparu, apparaît
; il sait comment ce lien apparu est brisé ; il sait comment ce lien
brisé n'apparaîtra plus à l'avenir.
Il connaît l'oreille, il connaît
les sons, et il connaît le lien qui naît à cause d'eux. Il sait comment
ce lien non apparu, apparaît ; il sait comment ce lien apparu est brisé ; il
sait comment ce lien brisé n'apparaîtra plus à l'avenir.
Il connaît le nez, il
connaît les odeurs et il connaît le lien qui naît à cause d'elles. Il
sait comment ce lien non apparu apparaît ; il sait comment ce lien apparu est
brisé ; il sait comment ce lien brisé n'apparaîtra plus à l'avenir.
Il connaît la langue, il
connaît les saveurs, et il connaît le lien qui naît à cause d'elles. Il
sait comment ce lien non apparu apparaît ; il sait comment ce lien apparu est
brisé ; il sait comment ce lien brisé n'apparaîtra plus à l'avenir.
Il connaît le corps, il
connaît les contacts, et il connaît le lien qui naît à cause d'eux. Il
sait comment ce lien non apparu apparaît ; il sait comment ce lien apparu est
brisé ; il sait comment ce lien brisé n'apparaîtra plus à l'avenir.
Il connaît le mental, il
connaît les objets mentaux, et il connaît le lien qui naît à cause
d'eux. Il sait comment ce lien non apparu, apparaît ; il sait comment ce lien
apparu est brisé ; il sait comment ce lien brisé n'apparaîtra plus à l'avenir.
Ainsi il demeure considérant les
objets mentaux .
d. les
sept facteurs de l'Eveil
Et de plus, ô bhikkhu, un bhikkhu
demeure considérant les sept facteurs de l'Eveil dans les objets mentaux . Et
comment, ô bhikkhu, un bhikkhu demeure-t-il considérant les sept
facteurs d'illumination dans les objets mentaux ?
Voici, ô bhikkhu, un bhikkhu,
si le facteur de l'Eveil de l'attention est en lui, il sait : « En
moi est le facteur de l'Eveil de l'attention » ; si le facteur de l'Eveil
de l'attention n'est pas en lui, il sait : « En moi n'est pas le
facteur de l'Eveil de l'attention » ; il sait quand le facteur de l'Eveil de
l'attention, non apparu, apparaît ; il sait quand le facteur de l'Eveil apparu
s'épanouit pleinement.
Si le facteur de l'Eveil de l'investigation
est en lui, il sait : « En moi est le facteur de l'Eveil de
l'investigation » ; si le facteur de l'Eveil de l'investigation n'est
pas en lui, il sait : « En moi n'est pas le facteur de l'Eveil de
l'investigation» Il sait quand le facteur de l'Eveil de l'investigation non
apparu, apparaît ; il sait quand le facteur de l'Eveil de l'investigation
apparu, s'épanouit pleinement .
Si le facteur de l'Eveil de l'énergie
est en lui, il sait : « En moi est le facteur de l'Eveil de l'énergie » ;
si le facteur de l'Eveil de l'énergie n'est pas en lui, il sait : « En moi
n'est pas le facteur de l'Eveil de l'énergie ». Il sait quand le facteur de
l'Eveil de l'énergie non apparu apparaît ; il sait quand le facteur de l'Eveil
de l'énergie apparu, s'épanouit pleinement.
Si le facteur de l'Eveil de la
joie est en lui, il sait : « En moi est le facteur de l'Eveil de la
joie » ; si le facteur de l'Eveil de la joie n'est pas en lui, il sait :
« En moi n'est pas le facteur de l'Eveil de la joie». Il sait quand le
facteur de l'Eveil de la joie non apparu, apparaît ; il sait quand le facteur
de l'Eveil de la joie apparu, s'épanouit pleinement.
Si le facteur de l'Eveil de la
tranquillité est en lui, il sait : « En moi est le facteur de l'Eveil
de la tranquillité » ; si le facteur de l'Eveil de la tranquillité n'est pas en
lui, il sait : « En moi n'est pas le facteur de l'Eveil de la tranquillité
». Il sait quand le facteur de l'Eveil de la tranquillité non apparu, apparaît
; il sait quand le facteur de l'Eveil de la tranquillité apparu, s'épanouit
pleinement.
Si le facteur de l'Eveil de la
concentration est en lui, il sait : « En moi est le facteur de l'Eveil
de la concentration » ; si le facteur de l'Eveil de la concentration n'est pas
en lui, il sait : « En moi n'est pas le facteur de l'Eveil de la
concentration » ; il sait quand le facteur de l'Eveil de la concentration non
apparu, apparaît. Il sait quand le facteur de l'Eveil de la concentration
apparu, s'épanouit pleinement.
Si le facteur de l'Eveil de l'équanimité
est en lui, il sait : « En moi est le facteur de l'Eveil de l'équanimité »
; si le facteur de l'Eveil de l'équanimité n'est pas en lui, il sait :
« En moi n'est pas le facteur de l'Eveil de l'équanimité ». Il sait quand
le facteur de l'Eveil de l'équanimité non apparu, apparaît ; il sait quand le
facteur de l'Eveil apparu, s'épanouit pleinement.
Ainsi il demeure considérant les
objets mentaux .
e. les
Quatre Nobles Vérités
Et de plus, ô bhikkhu, un bhikkhu
demeure considérant les Quatre Nobles Vérités dans les objets mentaux . Et
comment, ô bhikkhu, un bhikkhu demeure-t-il considérant les
Quatre Nobles Vérités dans les objets mentaux
?
Voici, ô bhikkhu, un bhikkhu
comprend exactement : « Ceci est la souffrance » ; il comprend exactement
: « Ceci est l'origine de la souffrance » ; il comprend exactement :
« Ceci est la cessation de la souffrance » ; il comprend exactement :
« Ceci est le sentier qui mène» la cessation de la souffrance ».
l.
Qu'est ce, ô bhikkhu, que la Noble Vérité de la Souffrance ?
La naissance est souffrance, la vieillesse est souffrance,
la maladie est souffrance, la mort est souffrance, le chagrin, les
lamentations, la douleur, l'affliction et le désespoir sont souffrance ;
être uni à ce que l'on aime pas est souffrance, être séparé de ce que l'on aime
est souffrance, ne pas obtenir ce que l'on désire est souffrance, en bref, les
cinq agrégats d'attachement sont souffrance.
[Et qu'est-ce que. ? Ceci
est appelé.]
Et qu'est-ce, ô bhikkhu,
que la naissance ? Pour tels ou tels êtres, appartenant à telle ou telle
espèce, leur naissance, leur origine, leur conception, leur venue au monde, la
manifestation de leurs agrégats, l'acquisition des sphères des sens, - ceci est
appelé, ô bhikkhu, la naissance.
Et qu'est-ce, ô bhikkhu,
que la vieillesse ? Pour tels ou tels êtres, appartenant à telle ou
telle espèce, la vieillesse, le déclin croissant, la fragilité, l'apparition
des cheveux blancs et des rides, la diminution des forces vitales,
l'affaiblissement des facultés sensorielles, - ceci est appelé, ô bhikkhu,
la vieillesse.
Et qu'est-ce, ô bhikkhu,
que la mort ? Pour tels ou tels êtres, appartenant à telle ou telle
espèce, le départ, la disparition, leur destruction, leur disparition, leur
mort, l'achèvement de leur vie, la dissolution des agrégats, le rejet du corps,
- ceci est appelé, ô bhikkhu, la mort.
Et qu'est-ce, ô bhikkhu,
que le chagrin ? Quoi que l'on subisse par telle infortune ou tel
contact avec un phénomène douloureux, le chagrin, la tristesse, l'état d'esprit
attristé, le chagrin intérieur, le malaise intérieur, - ceci est appelé, ô bhikkhu,
le chagrin.
Et qu'est-ce, ô bhikkhu,
que les lamentations ? Quoi que l'on subisse par telle infortune ou tel
contact avec un phénomène douloureux, est plainte, lamentation, l'état de
gémissement et de lamentation, - ceci est appelé, ô bhikkhu, les
lamentations.
Et qu'est-ce, ô bhikkhu,
que la douleur ? La douleur physique et la gène physique, la sensation
pénible et désagréable produite par un contact physique, - ceci est appelé, ô bhikkhu,
la douleur.
Et qu'est-ce, ô bhikkhu,
que l'affliction ? La douleur mentale et la gène mentale, la sensation
pénible et désagréable produite par un contact mental, - ceci est appelé, ô bhikkhu,
l'affliction.
Et qu'est-ce, ô bhikkhu,
que le désespoir ? Quoi que l'on subisse par telle infortune ou tel
contact avec un phénomène douloureux, la détresse et le désespoir, l'état
déprimé et désespéré - ceci est appelé, ô bhikkhu, le désespoir.
Et qu'est-ce, ô bhikkhu,
que la souffrance d'être uni à ce que l'on aime pas ? Il y a des
formes, les sons, des odeurs, des goûts, des contacts et des objets mentaux déplaisants,
désagréables et repoussants qui produisent le malaise, sont maléfiques,
inconfortables, perturbants ; être unis, en contact, ensemble et joints à eux,
- ceci est appelé, ô bhikkhu, être uni à ce que l'on aime pas
Et qu'est-ce, ô bhikkhu,
que la souffrance d'être séparé de ce que l'on aime ? Il y a des formes,
les sons, des odeurs, des goûts, des contacts et des objets mentaux plaisants,
agréables et attirants qui produisent le bien-être, sont bénéfiques,
comfortables, reposants ; il y a les mères, les pères, les frères, les soeurs,
les frères ainés ou cadets, les amis, les compagnons, les relations familiales
; ne pas être réunis, en communauté, ensemble et séparés d'eux, - Ceci est
appelé, ô bhikkhu, être séparé de ce que l'on aime
[on ne peut pas avoir cela par
un simple souhait]
Et qu'est-ce, ô bhikkhu,
que la souffrance de ne pas obtenir ce que l'on désire ? Chez les êtres sujets à la [re]naissance,
le désir apparaît : « ô puissions-nous ne pas être sujet à la naissance !
ô, si cette naissance n'était pas survenue! » Mais on ne peut pas avoir
cela par un simple souhait et ne pas obtenir ce que l'on désire est souffrance.
- Ceci est appelé, ô bhikkhu, ne pas obtenir ce que l'on désire
Chez les êtres sujets à la
vieillesse, le désir apparaît .
Chez les êtres sujets à la
maladie, le désir apparaît .
Chez les êtres sujets à la
mort, le désir apparaît .
Chez les êtres sujets au
chagrin, le désir apparaît .
Chez les êtres sujets aux
lamentations, le désir apparaît .
Chez les êtres sujets à la
douleur, le désir apparaît .
Chez les êtres sujets à
l'affliction, le désir apparaît .
Chez les êtres sujets au
désespoir, le désir apparaît : « ô puissions-nous ne pas être sujet au
désespoir ! ô, si ce désespoir n'était pas survenu ! » Mais on ne peut pas
avoir cela par un simple souhait et ne pas obtenir ce que l'on désire est
souffrance. - Ceci est appelé, ô bhikkhu, ne pas obtenir ce que l'on
désire.
[les cinq agrégats
d'attachement constituent dukkha]
Et qu'est-ce, ô bhikkhu, que le sens de : « En
bref, les cinq agrégats d'attachement sont souffrance ? » Ce sont les
agrégats de la forme, les agrégats de la sensation, les agrégats de la
perception, les agrégats des formations mentales et les agrégats de la
conscience.
C'est ce qu'on appelle : en bref,
les cinq agrégats d'attachement sont souffrance.
Ceci, ô bhikkhu, est la
Noble Vérité de la Souffrance.
2.
Qu'est ce, ô bhikkhu, que la Noble Vérité de l'origine de la Souffrance
?
C'est cette « soif »
qui donne lieu à une renaissance, et qui liée au plaisir et à la passion se
réjouit ici et là, à savoir : la soif des plaisirs des sens, la soif de
devenir et la soif d'anéantissement.
Mais où cette soif apparaît-elle ? Où prend-elle racine ?
Partout dans le monde où il y a
des formes plaisantes et des formes agréables, cette soif apparaît et prend
racine.
Dans le monde des sphères
sensorielles de l'oil, de l'oreille, du nez, de la langue, du corps, de
l'esprit. là où il y a des formes plaisantes et des formes agréables, cette
soif apparaît et prend racine.
Dans le monde des objets
formels, sonores, odorants, goûteux, tactiles, mentaux.
Dans le monde de la conscience
visuelle, auditive olfactive, gustative, tactile, mentale.
Dans le monde du contact
de l'oil, de l'oreille, du nez, de la langue, du corps, de l'esprit.
Dans le monde de la sensation
née du contact de l'oil, de l'oreille, du nez, de la langue, du corps, de
l'esprit.
Dans le monde de la perception
des formes, des sons, des odeurs, des goûts, des contacts, des objets mentaux.
Dans le monde des intentions
envers les formes, les sons, les odeurs, les goûts, les contacts, les
objets mentaux.
Dans le monde du désir pour
les formes, les sons, les odeurs, les goûts, les contacts, les objets mentaux.
Dans le monde de la pensée
appliquée aux formes, aux sons, aux odeurs, aux goûts, aux contacts, aux
objets mentaux.
Dans le monde de l'analyse
des formes, des sons, des odeurs, des goûts, des contacts, des objets mentaux.
Ceci, ô bhikkhu, est la
Noble Vérité de l'apparition de la Souffrance.
3.
Qu'est ce, ô bhikkhu, que la Noble Vérité de la Cessation de la
Souffrance ?
C'est la complète disparition et
l'extinction de cette soif même, son abandon, s'en libérer, s'en détacher.
Mais où cette soif peut-elle être
abandonnée ? Où peut-elle être éteinte ?
Dans le monde, là où il y a des
formes plaisantes et des formes agréables, là cette soif peut être
abandonnée et peut être éteinte.
Dans quel monde, là où il y a des
formes plaisantes et des formes agréables, cette soif peut-elle être abandonnée
et peut elle-être éteinte ?
Dans le monde de l'oil, là où il y a des formes plaisantes
et des formes agréables, cette soif peut être abandonnée et peut être éteinte.
[même liste que pour la deuxième
Vérité]
Ceci, ô bhikkhu, est la
Noble Vérité de la cessation de la Souffrance.
4. Qu'est ce, ô bhikkhu, que la Noble Vérité de la
Voie menant à la Cessation de la Souffrance ?
C'est la Noble Voie à huit
branches, à savoir :
Compréhension Juste, Pensée
Juste, Parole Juste, Action Juste, Moyens d'existence Justes, Effort Juste,
Attention Juste, Concentration Juste.
l. Qu'est-ce, ô bhikkhu,
que la Compréhension Juste ?
ô bhikkhu, c'est la
compréhension de la souffrance, la compréhension de l'ôrigine de la souffrance,
la compréhension de la Cessation de la souffrance, la compréhension de la Voie
menant à la Cessation de la souffrance ; cela est appelé la compréhension de la
souffrance.
2. Qu'est-ce, ô bhikkhu,
que la Pensée Juste ?
La pensée libre de désir, la
pensée libre de malveillance, la pensée libre de cruauté, cela est appelé la
Pensée Juste.
3. Qu'est-ce, ô bhikkhu,
que la Parole Juste ?
S'abstenir de dire des paroles
fausses, s'abstenir de colporter des histoires, s'abstenir de prononcer des
paroles dures, s'abstenir de bavardages, cela est appelé la Parole Juste.
4. Qu'est-ce, ô bhikkhu,
que l'Action Juste ?
S'abstenir d'ôter la vie,
s'abstenir de prendre ce qui n'est pas donné, s'abstenir de mauvais
comportement envers les plaisirs sensuels (adultère...), cela est appelé
l'Action Juste.
5. Qu'est-ce, ô bhikkhu,
que les Moyens d'existence Justes ?
Quand le Noble Disciple, évitant
un mauvais moyen d'existence subvient à ses besoins par un bon moyen
d'existence, cela est appelé le Moyen d'existence Juste.
6. Qu'est-ce, ô bhikkhu,
que l'Effort Juste ?
Voici un bhikkhu, face à
quelque chose de mal et de non salutaire qui n'est pas encore apparu, face à
quelque chose de mal et de non salutaire qui est apparu, face à quelque chose
de salutaire qui n'est pas encore apparu, face à quelque chose de salutaire qui
est apparu, pour le maintenir et ne pas le négliger, pour le développer,
l'amener à pleine maturité, le faire grandir. il éveille sa volonté, fait un
effort, secoue son énergie, y applique son esprit et lutte. Cela est appelé
l'Effort Juste.
7. Qu'est-ce, ô bhikkhu,
que l'Attention Juste ?
Voici ô bhikkhu, un bhikkhu
demeure dans la contemplation du corps sur le corps, des sensations sur les
sensations, de l'esprit sur l'esprit, résolu, des objets mentaux sur les objets
mentaux. résolu, avec claire compréhension, observant attentivement et ayant
écarté la convoitise et les soucis envers le monde. Cela est appelé l'Attention
Juste.
8. Qu'est-ce, ô bhikkhu, que
la Concentration Juste ?
Voici, ô bhikkhu, un bhikkhu
:
a) Détaché des plaisirs sensuels
grossiers, détaché des choses non salutaires, avec une pensée appliquée à un
objet (vitakka) et une pensée analysant cet objet (vicâra), avec
la joie (pîti) et le bonheur (sukha) né de cette discrimination,
il entre dans la première absorption (jñâna) et y demeure.
b) Lorsque la pensée appliquée à un objet et la pensée
analysant cet objet se sont calmées, et que intérieurement l'esprit est
tranquilisé et unifié, il entre dans un état libre de pensée appliquée et de
pensée analytique, avec le ravissement et le bonheur né de cette composition de
l'esprit ; ainsi il entre dans la deuxième absorption et y demeure.
c) Avec le détachement du
ravissement, il demeure dans l'équanimité, attentif et clairement conscient,
éprouvant dans son corps ce bien-être dont les Nobles disent : « équanime
et attentif, il demeure dans le bonheur » ; ainsi il entre dans la
troisième absorption et y demeure.
d) Ayant abandonné le bonheur,
ayant abandonné la douleur, ayant résorbé le plaisir et la peine précédente, il
se trouve dans un état au-delà du plaisir et de la souffrance, purifié par
l'équanimité et l'attention ; ainsi il entre dans la quatrième absorption et y
demeure.
Cela est appelé la Concentration
Juste.
Ceci, ô bhikku, est la
Noble Vérité de la Voie menant à la Cessation de la Souffrance.
Ainsi il demeure contemplant les objets mentaux ...
Conclusion
Alors, ô bhikkhu, celui
qui pratiquerait ainsi ces quatre bases de l'attention pendant sept ans
pourrait en récolter l'un de ces deux fruits : la Réalisation dans cette
vie ou, s'il y a un reste d'attachement, l'état de non Retour.
Mais laissons, ô bhikkhu,
ces sept ans !
Celui qui pratiquerait ainsi ces
quatre bases de l'attention pendant six ans, cinq ans, quatre ans, trois ans,
deux ans, un an, sept mois, six mois, cinq mois, quatre mois, trois mois, deux
mois, un mois, un demi-mois.
Mais laissons, ô bhikkhu,
ce demi-mois !
Celui qui pratiquerait ainsi ces
quatre bases de l'attention pendant sept jours pourrait en récolter l'un de ces
deux fruits : la Réalisation dans cette vie ou, s'il y a un reste
d'attachement, l'état de non Retour.
Il n'y a qu'une seule voie, ô bhikkhu,
conduisant à la purification des êtres, à la conquête des douleurs et des
peines, à la destruction des souffrances physiques et mentales, à l'acquisition
de la conduite droite, à la Réalisation du Nibbâna. Ce sont les quatre
bases de l'attention.
C'est dans ce but que ceci fut
dit. »
Ainsi parla le Bhagavat.
Les bhikkhu heureux se réjouirent des paroles du Bhagavat.